La diversité culturelle et son impact sur le développement de l'architecture islamique

Imam Hussein

2015-12-15

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L'architecture islamique s'est beaucoup développée depuis l'apparition des premiers éléments fondamentaux de l'architecture utilisée pour la première mosquée construite (la mosquée du Prophète à Médine al-Mounawara). Notamment lorsque le monde islamique a commencé à s'étendre, et alors que beaucoup de peuples et de nations distinguées de grandes civilisations embrassaient l'Islam. En conséquence, l'architecture islamique connut de nouvelles données et éléments qui participèrent graduellement au développement de l'art et de styles de l'architecture dans le monde islamique d'un  niveau élevé par rapport aux aspects techniques, esthétiques et de patrimoines.                             

 Et l'Islam durant un demi-siècle de son apparition s'est connecté aux plus grands centres de civilisation humaine, en commençant par la Mésopotamie, l'Empire Sassanide, l'Égypte, Byzance (patrimoine grec et romaine), la Syrie, l'Afrique du Nord et l'Espagne. Et cette vaste expansion signifie une importante jointure historique et culturelle dans la vie humaine.                    

Alors, l'art de l'architecture islamique, qui est apparu moins d'un siècle après l'Hégire, absorbait toutes ces civilisations. C'est pourquoi, les valeurs esthétiques des arts de ces grandes civilisations laissaient un impact sur les musulmans conquérants. Et ils s'intéressaient à leurs architectures, à leurs décors et ornements de différentes sortes d'éléments architecturaux. Ainsi, l'architecture islamique jouit d'une apparence esthétique en conformité avec l'importance de son rôle.                                                                              

Pendant de nombreux siècles,  l'évolution de l'architecture islamique a inclus des zones géographiques qui s'étendent de l'Andalousie et du Maroc à l'ouest, vers l'Asie Centrale et le sous-continent Indien à l'est. Et toutes ces zones avaient inclus de nombreux centres régionaux qui se distinguaient, chacun d'entre eux, d'un caractère spécifique toujours influent. Et ces zones comprennent beaucoup de peuples islamiques qui ont des origines enracinées : Arabe, Perse, Turque, Berbère et Indien.  

En somme, tout ce que nous voyons aujourd'hui concernant la civilisation islamique, (la mosquée de Damas, la mosquée de Cordoba, les mosquées glamoureuses d'Ispahan et la splendide architecture islamique à Samarkand et à Boukhara. Et la mosquée de Sulaymānīyah à Istanbul, les sanctuaires qui  ressemblent à des perles et des pierres précieuses, tels que les sanctuaires des Imams d'Ahlul-Bayt (as)  à Najaf, à Karbala, à Samara et al-Kazimiya en Irak. Et à Machhad et Qom en Iran, Taj Mahal en Inde et Alhambra de Grenade etc.), et ses structures et tous ses nouveaux arts y compris ses dômes, ses minarets, ses voûtes, ses ornements et sa nature architecturale distinguée ont ajouté de nouvelles apparences aux éléments pris de cultures et de formes artistiques anciennes et précieuses. 

L'art architectural le plus important dans les pays islamiques constitue la formation des nouveaux éléments architecturaux et l'innovation de nouvelles perspectives artistiques. Étant donné que les musulmans se sont servis de l'art architectural des peuples qui se sont convertis à l'Islam. Et les arabes sélectionnaient les autres arts qui sont conformes, selon eux, avec la civilisation islamique, sa culture et sa coutume. Donc, les artistes musulmans se sont inspirés des arts de civilisations de Mésopotamie antique caractérisée de bâtiments avec des hauts et grands murs à l'extérieur décorés de divers ornements de pierres précieuses. Ainsi que certaines formes architecturales telles que les ziggourats babyloniennes qui laissèrent leur impact sur les minarets à l'époque abbasside. Entre autres, la mosquée de Moutawakil (Malwiya de Samara en Irak), le minaret de la mosquée de bin Toulon et le minaret de la mosquée d'Abou Dolf à Samara.                                     

En outre, l'architecture islamique s'inspirait de l'architecture sassanide par rapport aux vastes et somptueuses structures qui sont au-dessous des dômes, et entourées par le plateau (l'espace découvert), et les voûtes qui forment la moitié du cercle supérieur au-dessus des grandes salles comme pour la mosquée d'Ispahan.            

Et cette forme de structure est totalement différente de celles des structures à colonnades en Irak, à Levant et d'autres pays qui se situent à l'Ouest des pays islamiques.                                                                           

L'art de l'architecture sassanide édifié en Iran et en Irak à l'époque du règne sassanide a laissé son impact sur la plupart des structures qui ont été édifiées à l'ère abbasside. Par exemple, le grand château, le grand hall couvrit des voûtes à demi-cercle, notamment dans le palais de Khalifa abbasside à Samara construit à l'an 221 H. Et ainsi le palais d'al-Akhayder à coté de Karbala construit dans les premiers temps de l'Islam. De surcroît, l'utilisation du style architectural connu dans l'architecture de la Mésopotamie.                                       

De même, il y a un autre élément architectural fondamental considéré comme l'un des éminents éléments de l'architecture islamique inspiré de l'architecture sassanide et connu dans beaucoup de pays islamiques par lequel le problème de transition  du bâtiment à fondement carré au voûte à demi-cercle au-dessus se ressoudait. D'où, des galbes de coin ont été utilisés, qui s'agissent des triangles concaves de pierre ou de brique de plâtre. Et cela est différent avec le triangle de la voûte qui se transite du carré au cercle par des supports ou des octogones tels que le patrimoine archéologique byzantin et roumain.                                  

En ce qui concerne l'influence de l'architecture turque et byzantine dans l'architecture islamique, elle se reflète sur les structures planifiées à formes rondes qui comprennent une grande partie centrale au-dessous d'une importante voûte entourée de petites voûtes successives de différentes dimensions. Entre autres, beaucoup d'architectes turques ont développé cette façon de construction, notamment le grand ingénieur Sanâne Bâchâ qui a fait du bâtiment byzantin (Ayâ Soufi'â) un exemple architectural par ses œuvres maitresses ingénieuses qui parvient une exemplaire dans le cadre de construction de nombreux bâtiments et de mosquées en Turquie et à l'étranger.                            

En ce qui touche l'art décoratif ingénieux et floral dans l'architecture islamique, il a considérablement évolué grâce aux éléments et objets décoratifs qui se chevauchent de différents bâtiments. De sorte que cette évolution comprend l'ensemble des formes connues que se soient simples ou composées, chevauchées ou croisées, et puis elles se reflètent sur toutes les images de l'esthétique artistique et architecturale. Bref, beaucoup de bâtiments islamiques reflètent cet immense art qui a été connu avant l'Islam en Mésopotamie, en Iran et dans d'autres pays.                                                                       

De plus, des briques ont été fabriquées en formes destinées aux unités décoratives ou aux départements qui constitue de splendides formes décoratives ingénieuses et florales. Et également, certaines écritures notamment la calligraphie de Kufa utilisée largement dans les formes décoratives pour écrire les versets coraniques bénis. Parmi les exemples des structures islamiques avec la fameuse esthétique d'art décoratif des briques, l'école de Moustansiria, Irak, construite 1234, et considérée parmi les structures réputées d'aujourd'hui à Bagdad depuis l'époque abbasside.           

Mais en ce qui concerne les décorations plâtrées par rapport à l'ornement des murs, elles se retrouvent dans les patrimoines archéologiques abbassides y compris les œuvres ingénieuses et florales à Samara. L'une de ses parties est conçue sous forme de grappes de raisin et feuilles de vigne. Et ces décorations sont issues de l'art sassanide… et également la même décoration se trouve dans la mosquée d'Ibn Touloun au Caire conçue depuis 879.         

En ce qui touche l'époque des Seldjoukides (1055-1157) se distingue par l'utilisation du plâtre dans l'ornement des grands espaces de muraux des mosquées. Et ces ornements se constituent de gravures écrites et de feuilles florales. Par exemple la calligraphie  de Kufa qui se termine par l'ornement de feuilles dessinées et de même dans la mosquée d'al-Haydariya dans la ville de Qazvin en Iran.                                                                                 

De plus, les décorations de pierre dans l'art islamique sont issues de l'art byzantin, hellénique et sassanide. Nous en trouvons l'illustration dans l'interface du palais d'al-Machetâ ornée de cette belle gravure. Et ces ornements ont été utilisés dans l'art chrétien avant l'Islam en Syrie.       

Quant aux Fatimides,  ils pratiquaient, à l'époque de leur règne en Égypte, les arts architecturaux copte et persique, y compris les décorations utilisées  afin d'orner leurs bâtiments, et également les décorations florales utilisées en Iran avant l'Islam.                                                                                  

L'art byzantin de décoration mosaïque de pierre dans l'ornement du sol des bâtiments, et la mosaïque d'émaux de verre, en couleur et en or dans l'ornement des murs consistent l'art le plus important qui laissait son impact sur les architectes de l'époque omeyyade. Cet art a été largement utilisé à cette époque, et ses effets sont toujours là, notamment dans la grande mosquée des omeyyades à Damas dont la rénovation a été faite à l'époque de Walid bin Abdou al-Malik (707-714). Certaines de ses fenêtres sont ornées par la plus belle décoration issue de l'art grec et roumain.                          

L'ornement du Dôme du Rocher à Jérusalem, construit à l'époque d'Abdou al-Malik bin Marwâne (692), est similaire à la mosaïque de la mosquée des omeyyades à Damas, et inspiré de l'art grec et byzantin et aux éléments de l'art hellénique et sassanide notamment le plâtre utilisé pour la décoration du dôme.                                   

La calligraphie fait partie des éléments selon lesquels l'architecture islamique se distingue. En effet, les artistes musulmans l'utilisaient pour mettre en évidence des figures d'esthétique, de sorte que cette décoration parvenait à inclure toute forme d'écriture, que se soit sur les murs, sur les dômes, sur les arcs, sur les minarets ou bien sur les balcons. Pendant une courte durée elle s'évolua et se diversifia, et puis elle fusionna avec l'expansion de l'art floral. En conséquence, l'écriture arabe, en tant qu'élément décoratif, impressionnait les artistes espagnols et français, et par suite ils prenaient les lettres arabes comme un instrument de décoration de leurs églises et de leurs bâtiments.  Cet art s'est notamment manifesté dans la façade de la cathédrale de Notre-Dame de Paris.                                        

Mais en réalité l'utilisation d'écriture est découverte depuis très longtemps. Sa première apparition remonte à l'époque des Sumériens à Mésopotamie, dans sa valeur esthétique et sa capacité de former de magnifiques tableaux d'art. Alors, on utilise l'ensemble des types d'écriture comme un moyen d'expression et de décoration, notamment à l'époque abbasside sur les bâtiments de Samara, Bagdad et d'autre pays islamiques dans le domaine de l'embellissement de construction. Et l'écriture fait partie des plus importants éléments de l'architecture islamique à travers le temps. Et on l'utilise de diverses formes ingénieuses pour donner aux constructions une nature architecturale distinguée. C'est ainsi qu'elle a participé, notamment avec l'art calligraphique de Kufa, au renforcement de l'identité islamique mutuelle et à la constitution du patrimoine d'une manière artistique et contemporaine.   

Les stalactites sont considérées parmi les attributs de l'architecture islamique les plus importants et les plus magnifiques. Et ces stalactites sont constituées d'absides évidentes en miroir recouvrant les zones de transition entre les surfaces verticales et horizontales. Et elle se forme d'une réelle construction, d'une addition du plâtre, de stuc ou d'autres matières. Et ainsi qu'elle est conçue avec des pendentifs qui s'attachent à son sommet, de sorte qu'elle devient similaire aux sédiments calcaires descendant des plafonds de certaines grottes et cavernes. On utilisait particulièrement les stalactites, dans les zones de transition dans les voûtes, dans les portes, au bout des balcons des minarets etc. Et les stalactites du palais abbasside (l'École Charabia) à Bagdad et les stalactites des sanctuaires en Irak et en Iran font partie parmi les plus belles des stalactites visibles.                                              

On utilise des stalactites de pierre dans la décoration des plafonds et des corniches, notamment à l'époque des fatimides et celle des mameloukes en Égypte. Et ce genre de décoration se trouve souvent au cou et au sommet de la voûte à l'intérieur. Par exemple l'entrée de l'école "Sultane Hassan" au Caire.                                                     

Il y a un style particulier qui s'agit de la décoration des voûtes à l'extérieur par des stalactites utilisées uniquement pour l'ornementation. Par exemple la voûte de Nouniya à Damas, la voûte d'Alçit Zoubayda à Karkh et la voûte de Cheikh Omar al-Sahwardi dans Rusafa à Bagdad.                                                                                  

Quant au carrelage islamique (faïence) et à son utilisation dans la décoration des constructions islamiques, il appartient au domaine des arts et techniques innovés par les musulmans. On peut voir parmi les carrelages islamiques les plus anciens ceux de Samara, en Irak, et ceux dont la datation remonte au IXe siècle incluant de rares patrimoines artistiques découverts dans les mosquées et certains palais tel que le palais de Jawsaq al-Khaqâni.                                               

La ville sainte de Karbala est considérée parmi les villes islamiques, comme une cité pionnière dans l'industrie et l'utilisation de carrelage de faïence. C'est la raison pour laquelle les carrelages utilisés dans la décoration des sanctuaires, des mosquées et des structures religieuses et archéologiques en Irak sont appelés "carrelage de Karbala". 

 

                                                                      

 L'Irak c'est le berceau de la décoration à base de lustre métallique, ensuite elle s'est propagée dans le monde islamique, y compris en Iran qui a créé, pendant la période de la fin du XIIe siècle à la première moitié du XIVe siècle, des céramiques décorées de lustre métallique distinguées par son niveau artistique élevé. Et ainsi que les magnifiques antiquités partagées à un grand nombre de musées à travers le monde. Et la ville de Kashan était le centre de production de carreaux. D'où, ces carreaux pour couvrir les murs, notamment les murs des voûtes, des minarets et des portes, et les niches sont appelés "carreau de Kashan".                                       

L'utilisation du carrelage a été largement répandue à l'époque safavide pour recouvrir les murs extérieurs. Entre autres, la mosquée de Cheikh Loutf-Allah et la mosquée de l'Imam à Ispahan. Et ces décorations se constituent de ramifications florales liées les unes aux autres et de dessins de fleurs avec de belles couleurs. Et le carrelage avec des lustres métalliques a commencé à être employé en Égypte à l'époque des Fatimides et des Toulons.    

Pour ce qui est de la décoration en bois, notamment le moucharabieh, elle constitue l'une des caractéristiques de l'art architectural islamique. Les moucharabiehs (un dispositif de ventilation naturelle forcée fréquemment utilisées dans l'architecture traditionnelle des pays arabes, genre de claustra ajouré) se propagèrent dans plusieurs villes islamiques. Ils se distinguent  par l'esthétique de leurs découpes dans le bois. Et ils reflètent l'éclat de l'architecture islamique durant la période de son histoire de civilisation enracinée.          

En ce qui a trait à d'autres décorations dans la boiserie, il y a des menuisiers musulmans qui ont effectué des œuvres artistiques en bois par lesquelles se manifestent leurs compétences professionnelles. Notamment dans certains tableaux et remplages qui montrent des particularités magnifiques des façades intérieures des bâtiments.           

Et parmi les réalisations culturelles importantes de l'architecture islamique l'assertion d'utiliser les matières de constructions locales dans les pays islamiques, tels que les briques, les matières de décoration comme le carreau de Kashan, la mosaïque, les bois etc. et les utiliser d'une manière artistique magnifique dans l'édifice des bâtiments et dans leurs ornementations. De sorte que les conditions environnementales et climatiques s'accordent avec la vie culturelle et sociale de chaque pays.                                                                    

 

En conclusion, cet exposé nous permet de comprendre comment les arts d'architectures de différentes civilisations laissent leur impact sur l'évolution et le développement des arts de l'architecture dans les pays musulmans.                             

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